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Portrait - Rencontre avec Babeth - par Mig6315 le 17/06/2017 @ 10:17

Du Samu 63 à la Syrie, rencontre avec Babeth, ARM & Ambulancière au grand cœur

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Ultra-discrète par nature, Élisabeth Bresson affiche pourtant un CV qui force l’admiration. Pilier du Samu 63 pendant plus de trente ans, elle a aussi écumé la planète sous la bannière du Comité international de la Croix-Rouge. Du Kosovo à l’Indonésie, du Darfour à la Syrie. Portrait d’un petit bout de femme au (très) grand cœur.


«Le bruit ne fait pas de bien ; le bien ne fait pas de bruit. » En quelques mots – empruntés à saint François de Salles –, tout est dit ou presque. « Je n'ai pas du tout l'habitude de me raconter, s'excuse d'emblée Élisabeth Bresson. C'est la première fois qu'on me demande de parler de moi comme ça, c'est pas évident… » Ce parangon de modestie a pourtant vu et entendu tellement de choses. Pour le meilleur, parfois. Et souvent pour le pire.

Babeth – son surnom – a franchi la porte du Samu 63 le 1 er août 1981. Le même jour que son désormais ex-patron, le docteur Denis Gonzalez. L'Issoirienne est alors une jeune ambulancière déjà tournée vers l'humanitaire – elle est intervenue lors du séisme dévastateur d'Al-Asnam (Algérie), en octobre 1980. Lui est étudiant en médecine.

Dans le rétro


Premiers pas. Et premiers souvenirs. « C'était vraiment une autre époque, sourit Élisabeth Bresson. On était très loin des standards actuels en termes de matériel, mais l'état d'esprit était incroyable. Pour transporter les malades, on avait des Peugeot J7 ( un fourgon rudimentaire surnommé « le panier à salade », NDLR). Ça secouait, mais on se débrouillait ! »

Illustration un jour d'hiver épique, lorsque le duo Bresson-Gonzalez a fendu la neige pour rapatrier deux malades en réanimation d'Ussel à Clermont-Ferrand. « On avait dû les serrer dans la même ambulance, ce qui serait impensable aujourd'hui. Au retour, en approchant du sommet de la montée de Laqueuille, j'ai vu que les gendarmes étaient dans le fossé. Ils nous faisaient de grands signes, mais j'ai filé tout droit. Si je m'étais arrêtée, on ne serait jamais repartis ! »

Une trentaine de missions internationales


Une autre image jaunie ressurgit. Celle du terrible carambolage survenu à Lempdes, le 30 décembre 1990. Une voiture à contresens sur l'autoroute en avait percuté quatre autres. Bilan : quatre morts, dont deux enfants, et une dizaine de blessés. L'ambulance de Babeth est la première sur place. « Les gens se sont jetés sur nous et nous ont littéralement sortis du véhicule. Plus on avançait, plus on trouvait des victimes. On était nous-mêmes démunis, on ne savait pas par où commencer. »

Au fil des interventions, les scènes de détresse s'empilent. Les larmes deviennent un lot quotidien. Au point de se banaliser ? « Non, jamais, tranche Babeth. À chaque fois, mon corps réagit. L'émotion est toujours là. C'est important qu'elle reste. » Une pause. Et elle reprend. « L'expérience a quand même un gros avantage : elle permet de mieux faire face et de rebondir. Mon caractère m'a aidée aussi. Même dans les situations les plus noires, j'ai tendance à positiver. À chercher la petite lueur. »

" Il y a toujours ce mythe de l'humanitaire qui sauve des vies, mais la réalité est souvent différente."


Cet optimisme farouche, la néo-retraitée l'a exporté – et éprouvé – aux quatre coins de la planète. Depuis l'Algérie, les missions se sont enchaînées. Tremblements de terre au Pakistan, à Haïti, au Népal ; tsunamis en Indonésie et au Japon ; guerres en Tchétchénie, en Irak, en Afghanistan et récemment encore en Syrie. « Ça doit faire une trentaine au total », résume timidement Élisabeth Bresson.

Elle intervient d'abord comme logisticienne. Puis gravit les échelons jusqu'à devenir chef d'équipe, chargée notamment de l'évaluation des besoins dans les secteurs sinistrés. L'occasion d'un recadrage : « Il y a toujours ce mythe de l'humanitaire qui sauve des vies, mais la réalité est souvent différente. On en sauve, oui, mais pas tant que ça malheureusement. Notre rôle, sur le terrain, est surtout d'aider les gens désespérés à trouver des solutions, à leur redonner des perspectives. Il suffit parfois d'un geste, d'un sourire. Mon dopage, il est là. »

« Chercher la petite lueur » dans le noir


Elisabeth Bresson n'élude pas non plus ces « périodes très difficiles », lorsque la peur et l'angoisse prennent le dessus dans des contextes d'instabilité et d'anarchie extrêmes. « Évidemment, il m'est arrivé de me dire "Qu'est-ce que tu fais là, dans cette galère ?". Mais l'envie de me battre, de positiver, l'a toujours emporté. »

Cette force incroyable, Elisabeth Bresson l'a aussi puisée, année après année, auprès de ses collègues de travail. « Je ne les remercierai jamais assez. Ils ont toujours été là pour moi. » Ce fut le cas notamment en 1999, à son retour du Kosovo. Là-bas, Babeth dit pudiquement « avoir vu le pire de ce que les hommes peuvent faire ». Les charniers. La torture. Elle n'en dira pas plus. « J'en suis revenue totalement traumatisée. Si mes amis du Samu n'avaient pas été là pour me soutenir, j'aurais tout arrêté. Je le dis toujours : mes deux carrières sont indissociables. Profondément indissociables. »

Stéphane Barnoin; Journal LAMONTAGNE


Menace terroriste - par Mig6315 le 30/11/2016 @ 17:27

Source LAMONTAGNE Centre France.

Sécurité : le Samu 63 intègre la menace terroriste

Bien sûr, Clermont n’est pas Paris. Mais même si le risque d’attentat est moins élevé dans le Puy-de-Dôme que dans la capitale, la menace existe. Les équipes du Samu 63 se préparent en conséquence.

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Ambiance studieuse, mardi matin, au premier étage de la base du Samu 63, sur le site du CHU Gabriel-Montpied. Une vingtaine de médecins, infirmiers et ambulanciers sont rassemblés dans une salle pour une formation dédiée au « damage control ».

Ce concept anglo-saxon (« contrôle des dégâts » en français) désigne une stratégie de prise en charge urgente de traumatisés graves. La doctrine, issue du monde militaire, n’est pas nouvelle. Mais elle s’est imposée à tous depuis les attentats successifs qui ont frappé la France en 2015. « L’idée de base, c’est d’aller à l’essentiel, d’assurer les fonctions vitales de chaque victime et de “ramener” très vite au bloc opératoire », résume Paul-Henri Gendre, responsable de l’unité fonctionnelle Smur et prof du jour.

« En cas d’attaque, rien ne sera comme d’habitude »
Face au risque de blessés multiples par armes de guerre – type bombe ou kalachnikov –, le médecin appelle ses troupes à sortir des schémas classiques d’intervention. « En cas d’attaque terroriste, rien ne sera comme d’habitude, prévient-il. Vous aurez des cas de membres arrachés, de multiples blessures par balles, etc. Un Smur (*) s’occupe en temps normal d’une victime. Là, vous pouvez avoir à gérer simultanément une urgence absolue et cinq ou dix urgences relatives. Tout est démultiplié. On ne peut plus passer trois heures avec chacun ».

Dans ce cadre très particulier, une priorité s’impose aux blouses blanches du Samu : contrôler au plus vite et le mieux possible une ou plusieurs hémorragies. « L’exsanguination est la cause principale de mortalité lors d’un attentat, précise le docteur Gendre. Les premiers gestes doivent viser à stopper les saignements et éviter la contamination bactérienne ».

Garrots et pansements hémostatiques

Depuis décembre 2015, le Samu 63 est donc doté de garrots « tourniquets » et de pansements hémostatiques. Les premiers se posent de façon classique à la racine du membre touché. « Il faut tourner la petite manivelle jusqu’à ce que ça fasse mal et comprimer assez fort pour que le sang arrête de couler », rappelle Paul-Henri Gendre. Les pansements hémostatiques, initialement destinés à l’armée US, se présentent sous forme de longues bandes imprégnées d’un puissant anticoagulant. « Vous dépliez peu à peu et vous bourrez la plaie », détaille le formateur, images et vidéos à l’appui.

"Le pire n'est jamais décevant"

La session s’achève sur la projection d’un reportage tourné au plus près des sapeurs-pompiers de Paris, lors des attaques de novembre 2015. Dix minutes au cœur du drame et du dispositif médical, dans l’un des bars pris pour cible par les terroristes. « On est à Paris, mais on se croirait en Afghanistan. Il faut désormais s’attendre potentiellement à ce type de configuration. Apprenez à être surpris, car le pire n’est jamais décevant », insiste le formateur.

En l’espace de deux heures, les grands principes d’intervention sur un site d’attentat ont été évoqués. Les bases sont posées. « Des lésions comme celles provoquées par une kalachnikov, on ne les rencontre pas dans notre activité courante. On sait faire, il faut juste s’y préparer et s’équiper en conséquence », conclut Paul-Henri Gendre.

Certains participants à la formation auront très vite l’occasion de réviser les consignes et conseils dispensés hier : pour chacun des quatre matches de l’Euro de football organisés à Saint-Etienne, une équipe du Smur de Clermont-Ferrand sera déployée en renfort aux abords du stade Geoffroy-Guichard. La menace sera alors bien réelle.

Stéphane Barnoin

 


Lumière sur un travail méconnu - par Mig6315 le 13/01/2016 @ 18:17

L'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (l'IRSST), à la demande de l'Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail, secteur affaires municipales, s'est intéressé aux problèmes de santé des préposés ( ARM ou Permanencier) des centres d'appels d'urgence 9-1-1 ( N°15 - 112 en France). Ce travail méconnu comporte des enjeux particuliers encore peu documentés dans la littérature scientifique. Cette vidéo les met en lumière.

 



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